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Marie Bouchard : « Le steeple, mon épreuve préférée »

Basée aux Etats-Unis depuis 2016, où elle s’entraîne avec l’Université de San Francisco, l’athlète du Stade Brestois Marie Bouchard enchaîne les performances de très haut niveau. A vingt-quatre ans, la spécialiste du 3000m steeple, vice-championne des Etats-Unis par équipe de cross-country et championne de Bretagne de cross court en décembre dernier, vient de réaliser deux performances exceptionnelles : 9’41 sur 3000m steeple et 15’32 sur 5000m, tout proche des minimas pour les championnats d’Europe qui se dérouleront en août prochain à Berlin. Y verra-t-on la Bretonne sous le maillot bleu ? Une chose est sûre : alors qu’il ne lui reste plus que quelques mois à passer en Californie, l’étudiante en médecine se donne les moyens d’y arriver. Notre spécialiste du 5000m, le séduisant Fabien Prigent a pu approcher la championne et l’interroger sur ses motivations, son entraînement, ses objectifs et bien entendu, sur le seuil. Rencontre.

TEMPO RUN CLUB : Chère Marie, peux-tu te présenter rapidement ?

Marie Bouchard : Marie, 24 ans, spécialiste du 3000m steeple, (du 5000m !!???) et du cross. Etudiante en médecine à Brest et en master « of Behavioral health » à USF.  J’aime voyager, voir de nouveaux paysages et manger du chocolat.

TRC : Peux-tu nous expliquer dans un premier temps pourquoi tu es partie étudier aux USA ? Quel cursus suis-tu actuellement?

MB : J’aime voyager et découvrir des nouvelles cultures. Ca faisait un moment que l’idée de venir étudier un ou deux ans aux US tout en ayant la possibilité de mettre l’accent sur l’entraînement, me trottait dans la tête. Il fallait trouver le bon moment. J’ai donc pris une année de césure l’an passé pour pouvoir intégrer l’équipe de USF et commencer mon master of « Behavioral Health » qui complète parfaitement la formation de médecine, en mettant plus l’accent sur l’environnement du patient, sa prise en charge globale. On nous donne aussi de bonnes bases en ce qui concerne la recherche, la creation de programme de santé et de prévention. Ma première année m’a tellement plue, que j’ai voulu profiter de ma dernière année d’éligibilité pour continuer à m’entraîner dans cette équipe de dingue et finir mon master. La fac de médecine de Brest a été très compréhensive dans ce projet et a acceptée d’adapter mon emploi du temps sur deux ans au lieu de un an. Je les remercie d’ailleurs grandement! Cette décision de tenter l’aventure est de loin un des meilleurs choix que j’ai pu faire, tant sur le plan humain, que sportif et universitaire !

TRC : D’un point de vue sportif, peux-tu nous raconter une journée type de Marie Bouchard ?

MB : Une journée type du lundi :
–> levé 6h20
–> rdv pour l’entraînement à 7h00 pétante (ici, « être en avance, c’est être à l’heure; être à l’heure c’est être en retard; et être en retard c’est être mort » dixit coach Benji, et il ne rigole pas avec ça, 30″ de retard et le minibus ne va pas nous attendre, à nous de nous débrouiller, mais j’aime bien, on perd moins de temps ! )
–> fin entraînement vers 9h00/9h30
–> douche dans les vestiaires de la fac (très pratique !)
–> puis soins ou travail
–> lunch

–> travail/sieste
–> deuxième entraînement
–>travail/cours (mes cours sont le soir, une à trois fois par semaine selon les semestres avec une semaine sur deux en ligne pour mon cursus)
–> 21h30/22h: dodo
Le week ou les jours “OFF” (quand on a pas trop de travail), on part explorer San Francisco avec les filles de l’équipe !

Détrompez-vous : elle ne fera pas de cadeaux.

TRC : Cela représente en moyenne combien d’heures d’entraînement et de kilomètres par semaine ?

MB : 10 à 12 entraînements de 1h à 2h30 tout compris (étirement, séance, gainage). Entre 60 et 100km semaine, et jusqu’à 5h d’entraînement croisé cumulé selon le kilometrage de la semaine (vélo d’appart, éliptiaue, natation, aqujogging).

TRC : Comment explique tu que tous les athlètes français allant étudier aux USA obtiennent autant de réussites sportives?

MB : Je pense, qu’il faut vraiment faire attention à l’équipe que l’on choisi car c’est très important si l’on veut pouvoir s’adapter rapidement et pouvoir progresser.
Ensuite, tous les moyens sont vraiment mis en place pour que l’on puisse s’entraîner et récupérer dans des conditions optimales.
Nous représentons l’université. C’est trés important pour une université d’avoir de bons résultats sportifs afin d’être bien classée dans les bilans, et attirer un maximum d’étudiants (le niveau académique et le sport comptent autant).
L’entraînement est complètement different de celui don’t j’avais l’habitude en France, on a deux séances max par semaine, sinon se sont des footings plus ou moins rapides et plus ou moins long. J’ai mis un peu de temps pour m’adapter mais maintenant j’ai pris le rythme ! Ce n’est pas le cas de tout le monde ; et comme en France, les modes d’entraînement varient aussi d’un entraîneur à un autre.
Le fait de s’entraîner dans une équipe avec des filles du même niveau et plus fortes, nous pousse aussi beaucoup, il y a vraiment une émulation collective.
L’autre difference, c’est la densité incroyable qui existe ici. Tout le monde s’entraine quotidiennemnt et beaucoup d’athlètes internationaux sont recrutés ; du coup les courses sont beaucoup plus relevées qu’en France.

TRC : 9’41 sur 3000 steeple, 15’32 sur 5000m, ce sont 2 chronos exceptionnels. Comment as-tu fait ces deux records en l’espace de quelques jours ? 

MB : Après deux saisons pistes quasi blanches à cause de blessures, j’avais vraiment hâte de voir ce que je pouvais faire sur piste. Il y a eu une super course sur 5000m, et battre mon record sur steeple toute seule est super encourageant pour la suite de la saison ! Je sentais que j’avais franchi un cap à l’entraînement, mais le faire en compet c’est autre chose !

TRC : Tu es toute proche des minimas européens sur ces 2 épreuves et on te souhaite sincèrement d’y arriver. Si tu es sélectionnée sur les 2 distances ce sera 3000st, 5000m ou les deux ?

MB : Haha! je ne connais pas le programme, mais je privilégierai le steeple bien sûr ! C’est vraiment mon épreuve préférée, même si j’avoue que le 5000m m’a bien plu !
Aussi, je ne pense pas avoir l’occasion de recourir un 5000m hors championnats et donc les prochaines courses risques d’être très tactiques vu la densité !

On a trouvé quelqu’un qui passe les barrières avec plus d’aisance que Raffard. Dingue.

 

 

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