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Arsène Guillorel : « J’aime le Tempo Run »

Alors que les médias français ont récemment beaucoup parlé de Julien Wanders et de son record de France du 10km, le Tempo Run Club est parti à la rencontre d’un autre prodige français, encore méconnu dans l’hexagone, qui brille sur les terres américaines où il s’est installé il y a maintenant quatre ans. Arsène Guillorel, l’athlète toujours licencié au Stade Brestois, s’entraîne aujourd’hui avec l’Université de Samford dans l’Alabama (comme Forrest Gump), et a atteint un niveau digne des tous meilleurs athlètes français, avec notamment un record en 28’51 sur 10 kilomètres réalisé en mars dernier à Palo Alto.

Certains membres du TRC, qui l’ont bien connu lors de son passage dans les catégories juniors du Stade Brestois en 2013, ont donc été prendre des nouvelles de leur ancien coéquipier, afin de vérifier qu’il aimait toujours autant le seuil et qu’il se déhanchait toujours aussi bien que sur un Harlem Shake réalisé la veille des demi-finales d’un championnat de France de cross il y a de ça quelques années… Rencontre.

Tempo Run Club : Pourquoi es-tu connu sur le sol breton sous le nom de « Chartreux ? »

Arsène Guillorel : Ca remonte à loin ça ! On m’appelle le chartreux à cause du nom de la chambre (chartreux donc) dans laquelle nous avons dormi avec ceux qui deviendraient plus tard les créateurs du TRC lors du cross interrégional en 2013. On était logé dans un internat et toutes les salles avaient un nom de chat inscrit sur la porte, voilà. Due à une imagination débordante le seul surnom que ces cons ont réussi à me trouver est le nom d’une chambre. Joli.

Premier de la classe

TRC : Portes-tu toujours ton caleçon fétiche de compétition ?

AG : Oui le caleçon est là, et il a toujours de la gueule. Zéro trou à ce jour, même si certes, je ne le porte qu’en compétition. La marque c’est full-up, et donc, après 6/7ans de services, c’est pas de la merde. Je recommande si vous êtes en quête de sous-vêtements de qualité. Par contre j’ai du le mettre à la retraite l’année dernière parce qu’à un moment je commençais sérieusement à avoir l’air d’un con sur les photos, et au cas où l’une d’entre elles soit publiée sur un site un peu sérieux, je n’ai pas voulu prendre trop de risque. (NDLR : pas d’inquiétude Arsène, le TRC est prêt à te sponsoriser même si tu te mets à porter des strings léopards). Je ne sais pas trop ce que je vais en faire du coup. Peut-être l’encadrer et le filer à Thibaut Delahaye, je sais qu’il est assez fan.

TRC : Il y a deux ans après un retour en France tu avais décidé de participer au meeting de Carquefou. Fatigue du voyage oblige, tu avais pris un « coup de bambou ». Mais peux-tu nous parler de la ripperie qui s’en est suivie dans les rues nantaises avec ton camarade Valentin Robert ? Qui était le plus solide ?

AG : Ouais sacré bambou. Après de là à savoir quel bambou entre celui sur la piste ou celui de la soirée était le plus violent, je laisse les témoins faire leur propre jugement. Evidemment, j’étais bien au-dessus de Valentin, mais on ne fait pas le même sport. Valentin, c’est un peu un seuillard des soirées à la con, avec un niveau de seuil relativement développé je dois l’admettre : le genre de mec qui tourne à 2/3 ripages par semaine facile, régulier sur toute l’année donc évidement tu ne peux pas te permettre de te mettre trop lactique à chaque fois. Moi je suis plus dans la giclette, un bon rappel par an, deux au maximum et c’est plié. Honnêtement seulement Baptiste Moreu a réussi à m’accrocher ce jour-là. Même sur la piste niveau coup de bambou il était solide si je me souviens bien. Un vrai rippeur.

A l’époque où il était fan de Mireille Mathieu

TRC : Romain Demy, champion de Bretagne de cross en titre, semble effectuer sa dernière saison pour raisons professionnelles. As-tu un message à lui faire passer ? Notre spécialiste Yakoub Delhoum veut te rappeler qu’il t’avait battu de 45 secondes sur les 6km du cross interrégional à EU en 2013. Ton orgueil te pousse à prendre une revanche non ?

AG : Pour citer notre ancien président emblématique, Jacques Chirac, pas Raffard, « cela m’en touche une sans faire bouger l’autre. » Cela pour plusieurs raisons. D’une part Demy m’avait mis 10secondes, pas 45, après m’avoir reniflé le cul (sic) pendant 5km et m’avoir mis une minasse dans une côte, donc Yakoub est un escroc. Ensuite c’était franchement le meilleur cross que j’avais fait cette saison-là. Certes Demy fait parti des gars que je n’ai jamais battu, puisque je n’ai couru contre lui qu’en cross, et à chaque fois il m’a mis une branlée. Mais vu qu’en cross j’ai régulièrement l’air d’un guignol, si je dois prendre une revanche contre tous les mecs qui m’ont tapé sur cette discipline je vais y passer ma carrière. Et je répète que Yakoub est un escroc.

Et sinon un message pour Romain: Au pire si t’arrêtes le cross on se fait une revanche en fin de saison sur une bonne vieille « ripperie » comme dirait Yakoub l’escroc.

Après je pense que je me mets un peu dans une situation délicate en disant ça parce que d’après les différentes rumeurs que j’ai pu entendre, aller défier Demy sur des ripperies c’est un peu comme aller le défier sur les labours, il est dans son élément. Même si d’après ce que je peux voir sur différents médias, certains athlètes du TRC sont encore un cran au-dessus. On parle de niveau international.

Pensez à bien vous mouiller la nuque quand il reviendra sur les courses en Bretagne

TRC : quelle est la séance qui t’a fait le plus « sortir tes babines » ?

AG : La séance qui m’avait fait le plus sortir les babines… Il y en a beaucoup. Je crois que l’une des plus marquantes aura été un 8×400 il y a 2 ans en moins de 59″ avec 2 minutes de récupération entre chaque course. Particulièrement parce que je n’avais pas forcément fait beaucoup de VMA et que j’avais vraiment du me faire violence pour la tenir. Après j’ai aussi fait plusieurs 10miles (16.1km) tempo à 19.5km/h qui m’avaient paru assez longs. Et la plus récente, c’est celle de cette semaine : 2×1600 en 4’27 puis 4’24, 2×800 en 2’07 et 2’07, 4×400 en 1’02 pour finir avec 2×800 en 2’11 puis 2’09. Pour une séance de début janvier ça m’a un peu décrassé la gueule, surtout les derniers 800 après avoir fait quelques 400 un peu plus vite. Après les séances en soi ça dépend toujours beaucoup de la période et de la charge kilométrique de la semaine. Une seule séance ne fait jamais la différence, c’est plutôt l’enchainement des séances qui est important, plus que de se déchirer la tronche une fois et ne pas être capable de sortir de son lit pour le reste de la semaine.

TRC : Les Américains sont-ils des seuillards ?

AG : Les américains aiment le seuil. C’est le pays du seuil. Franchement on devrait appeler ce pays United States of the Seuillards.

TRC : Et toi, aimes-tu les tempo runs ?

AG : Alors déjà quelle est votre définition du tempo run les gars ? Personnellement je considère que, après ce que j’ai appris en m’entrainant aux États Unis, le tempo run est en réalité un bon vieux seuil, une allure qu’on peut tenir sur un semi-marathon. Donc pour moi ça se situe autour de 20km/h, parfois 19.5 en fonction des sensations du jour. Je dirais qu’en moyenne il y a au minimum une séance ou une partie de séance par semaine sur des allures tempo run, que ça soit un simple 5miles (8km) tempo, ou le bon vieux 10miles (16km). Après on peut faire des variantes avec 8 à 12x1000m en 3’00 avec 45″ de récup pour faire une séance tranquille (sic) (NDLR : tranquille pour Arsène), ou bien un 3/4miles (4800m) histoire de faire un peu de volume avant de faire quelques intervalles un peu plus rapides. Je dirais que depuis que je suis aux U.S.A. je commence à être un maitre du tempo (sic), ça fait 4ans que je l’étudie dans ses moindres détails. J’ai commencé avant vous les gars. Je demande donc une remise immédiate de 50% des parts de marché du Tempo Run Club. Sinon je vous attaque en justice, à l’américaine (rires).

« Dans mes bras les seuillards »

 

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