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10 questions comme un 10 bornes

Nouvelle rubrique pour le TRC, nous avons décidé d’aller interviewer nos athlètes afin de mieux les connaître et comprendre le pourquoi de leur insolente réussite. Premier à passer au crible des dix questions de nos lecteurs : Romain Garrivier, athlète en demi-fond au Stade Brestois (du 800m au 3000m steeple). L’ostéopathe et dentiste de formation, bientôt 30 ans et arrivé sur le tard dans l’athlétisme, n’a pas sa langue dans poche et s’est confié à nos micros pendant deux heures, sans concession ni langue de bois, dans son appartement cossu en plein cœur de la cité du Ponant. Portrait.

NDLR : CETTE INTERVIEW EST UNE FICTION A VOCATION HUMORISTIQUE ET SIMPLEMENT INSPIREE DE FAITS REELS. TOUTE VANTARDISE OU PRETENTION A ETE INVENTEE.

Il nous avait donné rendez-vous à 19h mais c’est finalement une heure plus tard que Romain Garrivier, au volant d’une Golf tunée, lunettes Carrera sur le nez et musique de JumpStyle à fond dans les basses de la Volkswagen, vient nous ouvrir. « La ponctualité c’est pas forcément mon truc, on dit que c’est la politesse des rois mais moi je suis un prince» nous dit-il dans un sourire qui nous charme immédiatement. Nous montons au dernier étage d’un immeuble ancien de la ville de Brest et nous nous installons dans un canapé des plus confortables : « c’est ici même que Benjamin Raffard aime s’endormir » nous confie notre hôte en nous apportant une tasse de tisane étrangement jaunâtre. Alors qu’il trempe ses lèvres dans le breuvage, l’athlète coaché par Benoît Nicolas nous présente son impressionnante collection de médailles. L’entretien peut commencer.
TEMPO RUN CLUB : Romain que pensez-vous de votre saison jusqu’à présent ?
ROMAIN GARRIVIER : Je suis satisfait. La saison se déroule jusqu’ici à la perfection, avec une nette progression par rapport à l’année dernière où je m’étais blessé. Ça m’avait empêché de passer sous les 4″ au 1500 même si je les ai approchés de très très près au meeting semi-national de Saint-Renan. Il y avait du vent et personne pour m’emmener, j’avais gagné sans m’employer et ça me dérange. Quand je vois que les Jeux se gagnent en 3’50… Je me dis que c’était une course pour moi, avec un record et peut-être une breloque à la clé. Mais cette année les choses se déroulent différemment, je fais 3ème à Brest court, même si je visais le titre, et j’ai bien marché sur cross (NDLR : 5ème aux départementaux, qualification au championnat de France de Cross Court) même si mon camarade et ami Fabien Prigent était devant. Il ne me fait pas peur, je sais que l’année prochaine en courant comme je sais le faire, gainé et le genou haut, je peux être devant. Ma saison estivale a également bien démarré avec des chronos satisfaisants, même si je suis déçu de mon deuxième tour d’interclubs à Dijon, où je ne réalise « que » 9’34 sur steeple. Je suis très exigeant avec moi-même, d’autant plus que je me sais attendu depuis mon article dans le Ouest-France et ma victoire en relais mixte à l’Urban Trail de Brest. Ca c’était mon véritable objectif, et il est rempli.

L’article aux origines du mythe

 

TRC : Comment gérez-vous votre entraînement ?
RG : J’accorde beaucoup d’importances aux séances de seuil. Les footings tempo sont la pierre angulaire de mon plan d’entraînement. J’en pratique aussi souvent que possible, sept fois par semaine et avant chaque séance. Pour moi courir à plus de 4″30 c’est absolument inutile, ça n’améliore pas la VO2 Max (NDLR : capacité respiratoire maximale d’un athlète, caractéristique principale du seuillard). A Keroual et au Kerzu je me suis évertué à finir devant en séance, tout en restant bien placé afin de conserver mon style qui plaît tant aux observateurs. J’ai d’ailleurs récemment créé mon propre groupe d’entraînement, « la Team Garrivier » qui regroupe les steeple-chasers du Stade Brestois. Il y a notamment mon sparring-partner de toujours Justin Dourlance, qui me pousse à mettre les bouchées double à chaque entraînement. Avoir un rival de ce niveau c’est une chance dont je suis conscient. J’aime la compétition c’est pourquoi le moment fort de mon entraînement cette année a été sans conteste le stage que nous avons réalisé avec mes coéquipiers à Saint Jean de Luz. Là-bas nous avons pu « temporunner » à l’envie avec des sorties de 15 bornes sur la côte Basque. Mon seul regret du stage aura été de ne pas remporter de KOM (NDLR : un KOM (king of the mountain) est un segment GPS qu’on retrouve sur l’application de course à pied Strava. Pour un seuillard remporter un KOM équivaut à gagner un titre olympique). Le KOM de la côte de la Corniche était accessible mais c’est finalement mes compères Benoit Barré et Justin Dourlens qui l’ont obtenu… Ca ne saurait tarder avant que je n’aille reprendre la couronne qui me revient de droit. Ils m’ont attaqué le lendemain de mon seul écart alimentaire de la semaine : le barbecue saucisses qui me tapait toujours sur l’estomac… Habituellement je suis bien plus sérieux (NB : une source anonyme se faisant appeler «l’ovni » nous a affirmé que Garrivier était un habitué des pizzas marocco en dessert au restaurant Del Arte…)

« Avoir un bon placement est crucial, j’ai d’ailleurs lancé le hashtag #gainécommeRG »
TRC : Quels sont vos objectifs ?
RG : Je vous l’ai dit mon objectif de la saison est derrière moi et il est atteint. Vous voyez ce panier garni (il nous désigne de l’index un vaste panier en osier rempli de pâté henaff et de bières belges), c’est celui que j’ai remporté à l’Urban Trail.Certains diront que c’est une course de saucisseuillard (NDLR : seuillard adepte des courses hors stade « à saucisson »). Ils n’ont pas forcément tort mais aujourd’hui qui est-ce qui se régale avec cette charcuterie de qualité supérieure, réalisée à partir de produits frais de nos régions ? Et puis il fallait un minimum de talent pour gravir ces centaines de marches et courir dans les couloirs de la mairie. Je tiens d’ailleurs à remercier ma compagne qui a couru avec moi en duo, et qui a permis de réaliser ce rêve. Après mes objectifs sur piste sont raisonnables et atteignables : moins de 4″ au 1500, ce que j’aurais déjà pu faire l’année dernière avec une bonne course, et moins de 9’30 sur steeple. Et puis si j’arrive à faire des chronos de ce niveau il n’y a aucune raison pour que je ne remporte pas l’Enduro du Conquet en août ou même le trail du Bout du Monde… On m’a dit qu’il y avait des bons de réduction Intersport à gagner.
TRC : Avez-vous des modèles en athlétisme ?
RG : Non. Je ne suis pas le genre d’athlète à avoir Base Athlé (NDLR : site de la FFA répertoriant les résultats des compétitions) dans mes favoris et à passer des nuits entières sur le bilan. Je ne connais pas grand monde en athlé et ça ne m’intéresse pas, moi je fais mes courses et basta (sic). Cependant j’ai un grand respect pour mes partenaires du Tempo Run Club, Fabien Prigent, Benjamin Raffard, Pierre Xolin, Justin… Notre groupe me permet de progresser car tous les talents y sont représentés.
TRC : Que conseilleriez-vous à un jeune qui débute ?
RG : De suivre mon exemple tout simplement, ne pas griller les étapes. Penser à bien s’étirer et faire des séances d’ostéopathie (il nous tend sa carte). Bien craquer ses doigts de pied avant l’entraînement. Ne pas négliger les séances de VMA et de seuil type 4X2000m… Très très important le seuil.
TRC : Vous parlez beaucoup de seuil, qu’est-ce que c’est ?
RG : Le seuil c’est la capacité à courir vite tout en restant en aisance. Attention ce n’est pas du footing ! Le seuil requiert d’aller à une certaine vitesse, qui dépend évidemment de chacun mais qui nécessite de s’employer. Normalement c’est une allure qu’on peut tenir de façon constante sans décélérer sur dix-quinze kilomètres. C’est courir au train, imaginez un gros 4X4 diesel roulant sur des centaines kilomètres sans faire le plein. Et bien un coureur de seuil c’est ce 4X4, un tout-terrain que rien n’arrête. C’est plus quelque chose pour les coureurs d’expérience comme moi.
TRC : Vous parlez de votre âge, c’est un handicap ?
RG : Il s’énerve) Je n’ai même pas 30 ans vous êtes sérieux ? Vous trouvez que mes chronos sont ceux d’un master 8 ? Je ne pense pas ! On me donne 19-20 ans quand on me voit, je suis toujours au top physiquement. Je plais même à des cadettes juniores ! Ce n’est pas le cas de tout le monde que je sache !!! Regardez celles qui m’ont ajouté sur Facebook (il nous tend son téléphone portable avec vigueur) et n’écoutez pas les rageux qui diront que c’est moi qui les ai ajoutées !

« Ce sont les cadettes et les juniores qui m’ajoutent. Pas l’inverse ! »
TRC : Excusez-nous, nous allons changer de sujet : comment conciliez-vous sport et réussite professionnelle ?
RG : (Plus calme) J’ai la particularité d’être à la fois dentiste et ostéopathe, ce qui je crois est unique en France. Je peux ainsi vous enlever une dent et vous débloquer le dos en même temps, ce qui vous fait gagner du temps et de l’argent puisque je ne facture pas en double. Je suis à mon compte donc ça me permet de me définir des plages pour l’entraînement plus facilement, mais la contrepartie c’est que je dois charbonner pendant les heures de boulot. Je travaille d’ailleurs en tant que trader le soir après l’entraînement pour mettre le beurre dans les épinards. C’est un équilibre à trouver, mais je suis bien mieux ici qu’à Paris. J’aime bien sur la route de Ploumoguer prendre des photos du paysage et l’envoyer à mes amis parisiens avec une légende comme « ligne 6 direction Nation ». C’est mon petit plaisir coupable car je sais qu’ils galèrent les pauvres. Mais pour en revenir à l’emploi du temps, c’est comme tout, c’est une question d’organisation et de méthode… Et puis mes patients sont compréhensifs et fiers d’être pris en charge par un athlète qu’ils ont pu voir dans le journal le matin. C’est une publicité gratuite qui ne fait pas de mal ! Avoir l’étiquette TRC sur son cabinet, c’est un plus indéniable. Se faire remettre le bassin en place par moi, c’est un peu comme si un chanteur se faisait soigner la gorge par Jean-Jacques Goldman ou Benoit Campion.

Comme Alexandre Le Paih, Romain aime les t-shirts moches
TRC : Si vous deviez vous définir en un mot ?
RG : Humilité. Il faut en avoir pour ne pas être faussement modeste et reconnaître son talent. Parce que c’est quelque chose qu’il faut savoir gérer, appréhender. Quand j’ai annoncé ma participation à l’Urban Trail vous n’avez pas idée des retombées médiatiques que ça a pu avoir. Il fallait savoir encaisser ! Quand on s’appelle Romain Garrivier aujourd’hui et qu’on se sait attendu, il faut avoir l’humilité de ne pas mentir à son public et de dire qu’on va gagner quand on sait qu’on va le faire.
TRC : question d’un lecteur parisien pour finir, est-ce que ça rippe là RG ?
RG : Alors là clairement ça rippe !!! (il se saisit d’un costume de Pikachu et l’enfile, bondissant avec fougue dans l’appartement, nous en profitons pour nous éclipser)

Un prophète : « Moïse séparait les eaux, Jésus marchait dessus, moi je les survole »
LE TRC

Nous espérons que vous avez aimé ce nouveau concept ! Bien entendu tout ceci est une FICTION on le rappelle. Dites-nous en commentaires qui vous voulez voir être interviewé ensuite !

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